À Belém, la France face à l’impasse de la COP 30
- Margaux Ferrer

- 21 nov. 2025
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Dernière mise à jour : 21 nov. 2025
Alors que la COP30 s’achève vendredi 21 novembre à Belém (Brésil), la France affiche une posture diplomatique volontariste, mais aussi un constat sans détour : “On est encore loin d’un accord”. Au moment de faire le bilan, Paris se retrouve partagée avec d’un côté une ambition affirmée sur la scène internationale et de l’autre, des blocages qui persistent dans les négociations.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors de la COP30 à Belém, au Brésil, le 18 novembre 2025. (PABLO PORCIUNCULA / AFP)
La COP 30 se termine ce vendredi 21 novembre, à Belém. Selon la délégation française, les négociations sont loin d’aboutir. Malgré l’urgence climatique, “on est encore loin d’un accord”, d'après la France. Le pays juge que les débats restent trop lents sur des sujets majeurs comme l’élaboration d’un cadrage contraignant pour la sortie des énergies fossiles ou la refonte des engagements nationaux de réduction d’émissions.
"Non, il n'y aura pas de décision de la COP aujourd'hui”
La France souligne que la dynamique de la COP reste fragile. Les discussions sur le financement international, l’adaptation des pays vulnérables et la cible 1,5 °C n’avancent pas selon le rythme souhaité. Cette position française met en lumière une difficulté accrue à faire converger les intérêts des pays développés et des pays en développement. Dans ce contexte, Paris réaffirme l’importance d’un “cap” clair pour la décennie à venir, mais le manque de consensus global rend cet objectif incertain.
"Non, il n'y aura pas de décision de la COP aujourd'hui. Je ne vois pas comment cela pourrait arriver. En revanche, qu'il y ait un peu de mouvement, oui. Mais on est encore loin du compte. Parce que pour nous, c'est un paquet global", a dit la ministre française Monique Barbut, mardi, à la sortie d'une réunion de coordination avec ses homologues européens, d'après FranceInfo.
La stratégie française à la COP30 : volontarisme et limites
La France est présente à Belém avec une délégation importante et plusieurs priorités : renforcement des engagements (“NDC”), lutte contre les émissions de méthane, soutien à l’adaptation et intégrité de l’information climatique. Elle plaide pour que les pays augmentent leurs ambitions avant 2035 et pour un financement climat à la hauteur des besoins mondiaux.
Mais ce volontarisme se heurte à des réalités complexes : les négociations traînent sur l’abandon progressif des combustibles fossiles, certaines propositions phares pourraient être écartées ou diluées, et l’absence d’un cadre contraignant affaiblit la position de la France. Par exemple, l’objectif d’un suivi opérationnel du méthane ou d’un mécanisme de financement obligatoire reste largement en discussion. Malgré son rôle actif, le pays se trouve à la fois moteur et témoin des limites de la diplomatie climatique multilatérale.
Un test de crédibilité pour la France et l’Europe
La France joue un rôle-clé dans les coulisses de la COP30, mais elle devra désormais faire la preuve que ses engagements internationaux se traduisent concrètement chez elle et dans l’Union Européenne. Le constat d’échec relatif dressé à Belém est un signal d’alarme, car sans accord fort à l’issue de la conférence, l’influence de Paris pourrait s’éroder.
Par ailleurs, le bloc européen reste dans une zone d’incertitude. L’Union Européenne n’a pas encore finalisé ses objectifs pour 2040. La “fourchette” adoptée pour 2035 (entre - 66,25 % et - 72,5 % d’émissions) est jugée insuffisante par de nombreux experts. Cette faiblesse collective pèse sur la crédibilité de la France en tant que leader climatique.
À l’heure où la COP30 se clôt, la France se trouve devant un défi double. Il faut remobiliser la diplomatie pour éviter un fiasco global du sommet et, il faut ramener sur le plan national les transformations promises pour que ses positions internationales ne restent pas “lettres mortes”. "Je suis plus optimiste aujourd'hui que je ne l'étais hier", a affirmé par la suite Monique Barbut, au sujet de l'hypothèse d'un accord ambitieux.
Margaux Ferrer




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