Hausse des féminicides et coupes budgétaires : une corrélation dangereuse pour la lutte contre les violences faites aux femmes
- Elise Vantrepol

- 20 nov. 2025
- 2 min de lecture
Les chiffres des féminicides en France augmentent, selon les données de la mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof). En parallèle, la baisse des subventions des centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales, alerte sur la sécurité des potentielles victimes.
À quelques jours du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le nombre de féminicides a augmenté en 2024. Publiés jeudi 20 novembre, selon les données de la mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof), les chiffres sont glaçants. Plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou de tentative de féminicide par leur conjoint ou ex-conjoint chaque jour. La lettre de l’Observatoire national des violences faites aux femmes ajoute que "toutes les 7 heures, il y a une femme que son conjoint ou ex-conjoint tue, tente de tuer, conduit à se suicider ou à tenter de se suicider".
La situation des femmes victimes de violences conjugales semble s’aggraver. En parcourant le rapport de la Miprof, plusieurs chiffres témoignent des victimes de féminicides et des potentielles victimes de violences conjugales. Il est question de 270 tentatives de féminicides, mais aussi 906 femmes victimes de harcèlement de leur conjoint ou ex-conjoint ayant conduit au suicide ou à sa tentative.
Une baisse budgétaire de 1,06 million d'euros
Le "constat est sans appel", affirme la secrétaire générale de la Miprof, Roxana Maracineanu, dans le rapport. Du côté du gouvernement, une baisse des subventions des centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales (CPCA) est envisagée, toujours dans l’optique de faire des économies pour le budget 2026. Pour les 30 centres existants en France, l’enveloppe nationale a été réduite de 1,06 million d’euros sur une base initiale de 5 millions, selon le CPCA de Tours, interrogé par nos confrères d’ICI Indre-et-Loire. Les conséquences sont directes : une baisse des effectifs, une diminution des suivis psychologique des auteurs de violences, une baisse du temps d’accueil des conjoints ou ex-conjoints violents, et surtout, un risque de récidive de ces personnes admises en centre.
Une situation dénoncée par certains politiques, comme le député Les Écologistes d’Indre-et-Loire, Charles Fournier : "Il semble loin le temps où Emmanuel Macron annonçait l’objectif d'élimination complète des violences faites aux femmes", déplore-t-il.
"Consacrer moins de moyens à la lutte contre les violences patriarcales conduira mécaniquement à plus de féminicides"
De son côté, la Fondation des femmes conteste fermement les décisions de coupe budgétaire envers les CPCA ou les associations d’aide et de soutien aux victimes de violences conjugales. Pour la directrice des projets de la Fondation des femmes, Laura Slimani, interrogée dans le média Capital, les subventions "devraient fortement augmenter pour réduire le nombre de féminicides qui représentent une cause qui ne devrait pas être soumise à une tergiversation politico-budgétaire pour quelques millions d'euros qui sont des gouttes d'eau dans le budget de l'État". Laura Slimani ajoute que "consacrer moins de moyens à la lutte contre les violences patriarcales conduira mécaniquement à plus de féminicides". Le budget 2026 est toujours en cours d’examination par les députés jusqu’au 23 novembre 2025.






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