Municipales : comment expliquer le manque de jeunes dans nos mairies
- Tylian Auriol

- 21 nov. 2025
- 2 min de lecture
Alors que le Congrès des maires est organisé par l’Association des Maires de France (AMF) à Paris cette semaine, une problématique ressort : une jeunesse peu à peu effacée dans la vie politique municipale. Autopsie d’une participation qui dégringole.

Maire cherche son petit. Dans les allées parisiennes cette semaine, il était compliqué de croiser de jeunes élus. Cheveux grisonnants et corps marqués étaient bien plus en vue. Le sujet est suffisamment sensible pour que l’AMF (Association des Maires de France) organise un débat autour de la jeunesse mercredi 19 novembre.
En effet, la statistique est édifiante : en quatre décennies à peine, la proportion de maires de moins de 30 ans est passée de 12 % en 1983 à seulement 3 % en 2020. De nombreuses raisons sociales et politiques apportent certaines réponses à ce phénomène.
Un profil vieillissant
En 2025, l’âge moyen des maires en France avoisine les 62,7 ans. Seuls 2% des édiles ont moins de 40 ans. Une problématique à corriger pour espérer un renouvellement tant demandé dans de nombreuses communes en 2026.
Massification de l’enseignement
Les études comme frein à la politique municipale ? C'est en tout cas une des causes importantes pour le politologue Martial Foucault. « L’accès à l’enseignement supérieur les oblige à quitter leur territoire d’origine », dit-il. La majorité préfère donc se concentrer sur sa vie étudiante et sa réussite scolaire.
Un engagement politique différent
Pour de nombreux jeunes, l’engagement politique se situe dans des actions annexes comme une présence sur les réseaux sociaux ou encore dans des manifestations sportives ou associatives. "Les jeunes ne s'engagent pas moins, ils s'engagent différemment", affirme Florent Rossi, conseiller municipal d'Auribeau-sur-Siagne et président de l'Association nationale des jeunes élus de France (Ajef).
Des jeunes « sans voix » et éloignés de la sphère politique
Un récent baromètre d’Apprentis d’Auteuil en vue des prochaines échéances électorales met en lumière certains faits. La consultation révèle que 68 % des jeunes se considèrent comme « citoyens de seconde zone » dont la voix est négligée. 84 % de cet échantillon ont ainsi le « sentiment que les décideurs et les responsables politiques ne les écoutent pas suffisamment ». Les trois-quarts pensent « ne pas être assez représentés » par les élites.
Tylian Auriol






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