Budget 2026 : Face aux volontés d’économies, l'existence même des agences environnementales remise en question
- Pierrick Mouëza

- 21 nov. 2025
- 2 min de lecture
Parmi les points sensibles du budget 2026, figure l’éventuelle suppression d’agences de l’environnement. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et l’Office français de la biodiversité (OFB) sont en première ligne face aux volontés de la droite et de l’extrême-droite de faire des économies.

“Nous proposons d'agir en supprimant des agences dont l'utilité n'est pas démontrée”. Tels sont les mots du groupe parlementaire Droite Républicaine, mené par Laurent Wauquiez, vis-à-vis de l’existence de l’ADEME. Les critiques visant les agences environnementales persistent, notamment de la part de partis de droite et d’extrême-droite. L’existence même de ces organisations fait débat à l’heure du budget 2026.
La baisse des dépenses, une priorité
Le groupe de droite propose de supprimer l’agence pour pouvoir réallouer ses dépenses sur d’autres services. Il se justifie en rappelant qu’il “défend une priorité : la baisse des dépenses”. Cette volonté n’est, en réalité, pas une nouveauté. En janvier 2025, Valérie Pécresse, présidente Les Républicains (LR) de la région Île-de-France s’attaquait déjà à l’agence : “je supprimerai l’ADEME et je transférerai [son budget] aux régions”.
Au-delà des Républicains, cette recherche d’économie aux dépens de l’écologie est partagée par un autre camp politique: l’extrême-droite, à travers le Rassemblement national (RN). En octobre 2024, un amendement porté par le RN proposait déjà la suppression de l’ADEME dont le fonctionnement engendrerait “des surcoûts” à en croire le terme utilisé par le parti.
“Deux à trois milliards d’économies”
Même son de cloche concernant une autre agence : l’OFB. Dans un amendement déposé par le RN le 30 octobre 2025, le groupe attaque l’organisme : “l’Office français de la biodiversité incarne une dérive bureaucratique et punitive de la politique écologique qui harcèle les agriculteurs par des contrôles absurdes et humiliants, menés par des agents parfois armés, comme si nos paysans étaient des délinquants”.
Même au sein du gouvernement, la question des agences et opérateurs de l'État s’est posée. En avril 2025, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, avait évoqué la fusion et la suppression de ces organismes. Objectif, “deux à trois milliards d’euros” d’économies selon elle. Finalement, la question a été repoussée et se pose à nouveau dans l’hémicycle.
L’écologie ciblée par des “attaques violentes”
L’ADEME se défend face à cette menace de suppression. Le 12 novembre 2025, Sylvain Waserman, président de l’organisme, a publié une lettre ouverte sur la plateforme LinkedIn. Le débat sur l’écologie et notamment les agences de l'environnement “s'est installé et a trop souvent dérivé en des attaques violentes et définitives”, affirme-t-il dans sa lettre.
Face aux doutes sur l’utilité évoqués par Laurent Wauquiez, Sylvain Waserman “92% [du budget de l'État alloué à l’ADEME] permet de lancer des projets de décarbonation d’entreprises ou de réseaux”.
Au-delà de ces débats, une question persiste : l’adoption du budget 2026 se fera-t-elle aux dépens des agences de l’environnement ?
Pierrick Mouëza







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