top of page
  • Instagram
  • X
  • TikTok
  • Facebook

Budget 2026 : la potentielle suppression des APL pour les étudiants étrangers menace le Cavilam de Vichy

  • Photo du rédacteur: Enzo Amirault
    Enzo Amirault
  • 20 nov. 2025
  • 3 min de lecture

À Vichy, où le Cavilam accueille chaque année des milliers d’étudiants venus du monde entier, la possible suppression des APL pour les jeunes extracommunautaires inquiète. Jeudi 20 novembre, association et professionnels alertent sur les effets que cette mesure du budget 2026 pourrait avoir au niveau local.


Le Cavilam de Vichy a intégré en 2012 le réseau international des Alliances françaises. Crédit : Enzo Amirault


"On voit bien qu’ils tirent la langue : certains viennent juste pour un paquet de nouilles ou une boîte de raviolis" constate Salime Terchag, informateur jeunesse à la Structure d’Information Jeunesse (SIJ) de Vichy. Une scène devenue presque ordinaire pour l’association qui a mis en place un frigo solidaire à destination de tous les étudiants vichyssois. Une précarité étudiante qui ne cesse d’augmenter, et qui pourrait s’accentuer avec le budget 2026, dans lequel le gouvernement envisage de supprimer les aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants étrangers extracommunautaires et non boursiers. À Vichy, l’association Cavilam - Alliance Française, qui accueille chaque année plusieurs milliers de jeunes du monde entier pour apprendre le français, la mesure inquiète autant qu’elle interroge.


 Des étudiants étrangers déjà en difficulté


Il est 14 heures lorsque le frigo solidaire du SIJ ouvre ses portes à Vichy. À l’intérieur, Salime Terchag accepte de parler de la situation des étudiants. Peu importe leur nationalité, il constate une augmentation du nombre de jeunes qui viennent chercher de la nourriture dès que le frigo est plein. "On a été mardi matin récupérer les sacs garnis de nourriture de la supérette paysanne de Vichy, et on s’est rendu compte qu’il n’y en avait déjà plus. Donc ça fonctionne… malheureusement ça fonctionne".



Le frigo solidaire se remplit grâce aux dons. Crédit : Enzo Amirault


Si l’article 67 du projet de loi de finances est voté, ce sont 300 000 étudiants qui perdraient leur droit aux APL dès la rentrée prochaine, selon la Fondation pour le logement des défavorisés. Pourquoi le gouvernement tente-t-il de faire des économies en supprimant une aide fondamentale pour les étudiants étrangers ? À cette question, Salim Terchag, trouve cette proposition incohérente : "À partir du moment où il y a une logique de les accueillir et donc de leur donner les mêmes moyens que les étudiants français, ce n’est pas logique, ce n’est pas pertinent".


Cette mesure pourrait renforcer les difficultés déjà bien présentes. Les frais d’inscriptions sont plus élevés pour les étudiants étrangers, et l’accès aux bourses sur critères sociaux relève souvent de l’impossible au vu des critères à remplir. D’après le rapport de 2023 de l’Observatoire national de la vie étudiante, 41 % des étudiants étrangers déclaraient éprouver des difficultés financières telles qu’il leur était impossible de faire face à leurs besoins essentiels (alimentation, loyer, gaz ou électricité). C’est presque le triple des étudiants de nationalité française (15 %).


Avec cette mesure, le Cavilam de Vichy a peur pour son avenir


Chaque année, le Cavilam de Vichy accueille près de 4 000 stagiaires. L’objectif ? La diffusion de la langue et de la culture française. À Vichy, c’est une véritable institution. Si la suppression des aides personnalisées au logement est votée, les réseaux d’Alliances Françaises à travers le pays pourraient voir leur fréquentation chuter. "On va être en perte totale, même pour la ville de Vichy. Que ce soit à Paris, à Nice, qu’importe, les stagiaires ne pourront plus se permettre de venir" évoque Léana, membre du service hébergement du Cavilam de Vichy.


Une aide estimée entre 100 et 250 euros par mois, mais pourtant fondamentales : "Si on supprime les APL, on va voir que ça va nous affecter et qu’il n’y aura plus d’étudiants" souligne-t-elle.


Difficile pour celles et ceux qui travaillent avec ces jeunes de comprendre la logique du gouvernement. "Que ce soient les étudiants étrangers ou les autres, il n’y a pas de légitimité à tout ça, parce que tout le monde est dans le besoin. C’est encore plus compliqué pour des personnes qui viennent des pays étrangers, c’est pourtant logique" , s’étonne Valentine, du service culturel du Cavilam. Une décision nationale qui pourrait priver le Cavilam de nombreux étudiants étrangers.


Commentaires


bottom of page