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Congrès des maires. Saint-Christophe en Bourbonnais, symbole des besoins des communes rurales.

  • Photo du rédacteur: Vincent Leguai
    Vincent Leguai
  • 21 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Du mardi 18 au jeudi 20 novembre, les maires se sont réunis à Paris pour le 107e Congrès des maires. Une réunion où les différents représentants des communes ont pu faire part de leurs difficultés au premier ministre, Sébastien Lecornu. Une série de suppression de mesure, la mise en place d’une loi de décentralisation “avant Noël” et la tenue d’un débat sur le narcotrafic ont été promis par l’ancien ministre des armées. Qu’en pensent les communes rurales de l’Allier ? Quels sont les problèmes de ces petites communes ? Reportage.


Françoise Walraet, maire de Saint-Christophe en Bourbonnais. Crédit : Vincent Leguai
Françoise Walraet, maire de Saint-Christophe en Bourbonnais. Crédit : Vincent Leguai

Début d’après-midi, la neige caresse les routes de la montagne Bourbonnaise. A Saint-Christophe en Bourbonnais, petite commune de 431 habitants, les arbres et les routes revêtent leurs manteaux blancs. Françoise Walraet, maire de la commune, ne fait pas partie des plus de 10 000 maires et conseillers municipaux présent au Congrès des maires à Paris du 18 au 20 novembre.


L’élue a fait le choix de ne pas se déplacer puisqu’après 18 ans de mandat, elle a décidé de ne pas se représenter en mars 2026. "J’ai fait mon temps et mon équipe aussi. Il faut faire de la place aux jeunes. Faut-il encore trouver un successeur…"


C’est l’un des problèmes qui touchent la commune de Saint-Christophe en Bourbonnais. En plus d’un manque de vocation, l’obligation de parité dans les listes électorales rend la tâche plus compliquée. "Aujourd'hui, la place de maire ne fait pas rêver.  Il y a de plus en plus de poids sur les épaules des maires. Moi, je crains qu'on m'emmène une autre fois au tribunal administratif. Les gens n’ont plus peur de rien." La membre des Républicains pointe du doigt notamment les néo-ruraux, qui pensent retrouver les mêmes services qu’en ville. "Il y a une réalité économique. On ne peut pas répondre à tout."


Identité et réalité économique


Si ces derniers jours la priorité des grandes communes semblent être le narcotrafic, pour les petites communes le nerf de la guerre est le budget. " L’Etat nous confie de plus en plus de missions mais sans nous financer, c’est donc à la charge des communes." Quand la commune ne peut plus supporter les charges, la fusion est la seule solution mais "on perd notre âme et notre identité dans tout ça. Les gens sont fiers de leur village. Le clocher c’est la valeur sûre."


Pour garder son identité et ses enfants, Saint-Christophe investit toute son enveloppe dans l’éducation et son école, qui fonctionne en regroupement pédagogique intercommunal (RPI). "Pour nous, c'est très important, l'ancrage de l'école.  Elles sont super équipées. On a peu de turnover d'enseignants, parce qu'ils s'y trouvent bien. On a mis en place des services aux familles, des garderies." Des rénovations et aménagements de plus en plus compliqué.


De plus en plus de contraintes


Présent depuis de longues années, Françoise Walraet constate également une hausse de mesures contraignantes. "Ce n’est pas une nouveauté, mais l'inflation des normes administratives nous étouffe, nous encombre, nous embarrasse, nous bloque même sur certains projets. Par exemple, dans les demandes de subventions, il faut répondre à un certain nombre de critères de plus en plus importants. Avant, on pouvait mener des projets, soit d'urbanisme, soit d'aménagement du territoire, simplement. Aujourd'hui, il faut passer par des cabinets d'études qui coûtent très cher et ralentissent le processus."


Sébastien Lecornu a annoncé vouloir supprimer des centaines de mesures contraignantes pour les maires. Si cela est une bonne idée pour la Christophérine, d’autres annonces du premier ministre sont de "l’enfumage, proposer une prime de 500 € pour les maires ? La solde du maire, elle est payée par la commune. Il peut bien les ajouter, c'est la commune toujours qui paiera."


Quant à la décentralisation, là aussi ça impacte les petites communes. Les petites communes perdent leurs compétences au profit des EPCI "on avait des petites entreprises artisanales. Aujourd’hui, c'est plus possible. Il faut que tout le monde aille dans la zone d'activité qui est sur le territoire de Lapalisse."


Une réalité rurale


Tant de problèmes et réalités qui se font ressentir à Saint-Christophe mais également sur l’ensemble du département. "L’inflation des normes notamment administratives, des missions non financés, le manque de vocation politique dans les petites communes sont applicable à toutes les petites communes du département, d’autant que notre territoire est très rural, les dernières industries que nous avions du côté de Moulins disparaissent", analyse Pierre André, secrétaire général itinérant de mairie pour le centre commune de l’Allier, qui était de passage pour épauler la secrétaire de la mairie de Saint-Christophe, Mareva Reig, en place depuis quatre mois, un recrutement rare dans le département.


Vincent Leguai

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