Crise budgétaire et réforme des retraites à nouveau sur la table, " c’est l’angoisse permanente "
- Elise Vantrepol

- 21 nov. 2025
- 3 min de lecture
Alors que le Sénat planche actuellement sur le budget 2026 et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), le ras-le-bol des citoyens est collectif. La situation de la réforme des retraites incertaine, inquiète en majorité les habitants de Vichy abordés ce 21 novembre.

Les Vichyssois rencontrés au petit matin du premier jour de neige de l’année, le 21 novembre, ont tous un avis négatif vis-à-vis du gouvernement et de la situation budgétaire qui s’enlise. Pour Léo, jeune salarié dans la restauration, le coût de la vie est disproportionné : " À Vichy, on essaie de s’en sortir, mais tout augmente. Les loyers, l’électricité, même les transports. Le budget 2026, je ne vois rien dedans qui aide les jeunes comme moi, qui galèrent. Et si en plus ils remettent la réforme des retraites… Je bosse debout 10 heures par jour, vous imaginez faire ça jusqu’à 64 ou 65 ans ? ", déplore-t-il.
" La retraite il [faut] que je la fasse moi-même "
Cédric, 37 ans, intérimaire à la Poste, rencontré pendant sa distribution quotidienne, ne s’inquiète pas vraiment de sa future retraite : " Ça fait 20 ans que je travaille, j’ai compris que la retraite il fallait que je la fasse moi-même… " Il ajoute que sa confiance envers les politiques en général, sénateurs et députés notamment, ne tient plus vraiment : " Ils sont tous inconscients de nos situations réelles ".
La réforme des retraites est un témoin direct du décalage entre les politiques et la population. Aïcha, aide-soignante à Vichy, raconte la pénibilité de son travail et l’impossibilité pour elle de l’assumer plus tard dans ces conditions. " Le Sénat qui parle de ressortir la réforme des retraites, pour nous, les aide-soignantes, c’est un coup de massue. On fait un métier usant physiquement et moralement. Devoir travailler plus longtemps, c’est juste inhumain. À Vichy comme ailleurs, les gens sont à bout ", souffle Aïcha.
"La France […] le pays le plus pessimiste […] en ce qui concerne le fonctionnement de la démocratie "
Un sondage Ipsos sur l’état de la démocratie en 2025, publié le 14 novembre dernier, illustre concrètement le ras-le-bol ressenti par les Français. Selon le rapport " La France se distingue comme le pays le plus pessimiste parmi les personnes interrogées, en ce qui concerne le fonctionnement de la démocratie. Au fil des générations et des lignes politiques, la frustration augmente et la confiance dans les institutions s’enfonce ".
Au-delà, du mécontentement face à la potentielle suppression de la suspension de la réforme des retraites, c’est le rapport aux politiques qui est encore et toujours en danger. Le témoignage d’Aïcha résonne particulièrement en parallèle de l’étude Ipsos. "Je travaille à l’hôpital, je vois la misère sociale tous les jours. Le budget 2026, on nous dit qu’il faut faire des économies partout, mais jamais là où il faudrait. Les services publics sont déjà à l’os et les politiques le savent. Ils font des choix stratégiques en dépit de nos difficultés ". Pour Aïcha, la classe politique ne devrait pas s’étonner si les citoyens se dérobent face à leurs discours.
Seuls 24% des Français ont confiance en l’Assemblée nationale
Pour rappel, le baromètre CEVIPOF 2025 sur la confiance politique, affichait à 24% seulement le niveau de confiance des Français envers l’Assemblée nationale. Un niveau historiquement bas, déjà connu durant la crise des gilets jaunes.
La défiance s’accompagne également d’angoisse pour Marie-Thérèse, retraitée de 71 ans. Elle s’agace de ressasser des sujets oppressant comme les retraites : "On n'en peut plus. On nous parle encore de toucher aux retraites comme si on n’avait pas déjà assez donné. À notre âge, c’est l’angoisse permanente. On a travaillé toute notre vie et on a juste l’impression qu’on nous manque de respect. " La Vichyssoise se confie finalement sur son désintérêt progressif de la politique générale. Elle affirme ne plus aller voter aux prochaines élections nationales, hormis les municipales.
Elise Vantrepol







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